Bonjour bonjour !
Pour mon premier vrai article ici, j’attaque avec un sujet pas super passionnant (mais les prochains le seront), mais tout de même nécessaire. Le but est d’essayer de vous guider dans l’achat de vos cartes mémoire. La question à poser au moment de l’achat d’une carte mémoire – mais pas forcément au vendeur en face de vous, ils ne sont pas toujours de bons conseils – est « quelle est la différence entre la carte X et la Y pour mon appareil ? ». La réponse n’est pas seulement le prix, mais aussi la vitesse de transfert. Cet article n’a pas pour but de faire un comparatif des cartes (contrairement au lien plus loin dans l’article) mais de montrer l’importance de la carte mémoire pour votre appareil. A vrai dire, cet article est plus destiné aux utilisateurs de reflex qu’aux utilisateurs de compact/bridge, où la question des performances lors des transferts se pose nettement moins.
La carte mémoire
Il existe plusieurs types de carte mémoire : SD, SDHC, Compact Flash, Memory Stick etc. Les différences entre tous ces formats sont d’ordre technologiques. Ces différences ont une incidence sur la vitesse de transfert de la carte mais également le prix, la taille, la compatibilité avec les autres cartes, etc… On distingue deux vitesses de transfert : la vitesse en lecture (quand par exemple vous copiez les images de votre carte sur votre ordinateur) et la vitesse en écriture (quand vous mettez des données sur la carte). Ces vitesses s’expriment en Mo/s (méga-octets par seconde).
Vitesse de transfert, pourquoi faire ?
J’ai parlé plus haut de la vitesse de transfert de la carte mémoire et il est peut-être nécessaire d’expliquer ce point. Lorsque vous prenez une photo avec votre appareil, elle est d’abord sauvegardée dans une mémoire de votre appareil. Cette mémoire est à accès très très rapide en lecture et écriture, mais limitée (car très chère). C’est pour ça que votre photo doit être transférée vers une autre mémoire, la carte mémoire. C’est à ce moment là que la vitesse de transfert entre en jeu. Plus le taux de transfert en écriture de votre carte est bas, plus le temps que mettra votre appareil pour copier la photo de sa mémoire interne vers la carte mémoire sera grand. La conséquence est directe pour les utilisateurs de reflex : si vous voulez prendre des photos en mode rafale (plusieurs photos d’affilée), vous pourrez prendre des photos jusqu’à saturer la mémoire interne de votre boîtier, mais il vous faudra ensuite attendre un certain temps pour que vous puissiez reprendre des photos (le temps que la mémoire de votre boîtier se vide sur la carte).
Vous comprenez donc l’enjeu derrière la vitesse de transfert en fonction de l’utilisation de votre appareil. Mais vous l’aurez certainement deviné, il n’y a pas que la vitesse de la carte qui joue, mais aussi la vitesse de l’appareil photo : si votre appareil a un taux de transfert de 30Mo/s, çela ne sert à rien d’acheter une carte avec un taux d’écriture de 60Mo/s. Cette dernière vous coûtera plus cher et ne sera pleinement exploitée. Malheureusement ces données ne sont pas forcément précisées par les constructeurs.
Dernier point, si vous regardez pour acheter un lecteur de carte, il peut être intéressant de regarder les tests de vitesse effective sur Internet. Si la vitesse de transfert des photos sur votre ordinateur est importante pour vous, cela peut influer sur votre choix.
Ma carte, ma voiture
Vous l’aurez deviné, la vitesse ça se paie : comme une voiture, plus elle peut aller vite, plus elle coûte chère. Et oui, pour avoir une carte SDHC à 30Mo/s en écriture il ne faut pas les mêmes composants/matériaux que pour en faire une à 1Mo/s. Ceci explique principalement la différence de prix entre les cartes (la marque joue aussi dans le prix, ou des fois c’est juste une arnaque
).
Ma carte, ma bataille
La question que vous devriez vous poser du coup c’est « et donc pour mon appareil je prend quelle carte ? ». Comme je vous l’ai dit au début, pour les compacts/bridges la question n’est pas forcément à se poser. Pour les reflex ce n’est pas pareil, et là ce n’est pas une science exacte : il faut voir les tests/comparatifs des cartes mémoire sur internet. Je vous conseille cette page qui est très bien faite, qui donne les résultats par boîtier : CF/SD Performance Database [en].

Derniers conseils
- Vitesses annoncées : méfiez-vous des vitesses annoncées par les constructeurs, elles ne sont pas forcément vérifiées.
- Ne soyez pas trop gourmand : il est tentant d’acheter une carte 16Go plutôt que 4 cartes 4Go, c’est plus pratique. Mais c’est plus gênant de perdre 16 Go de photo (environ 800 en RAW+JPEG avec le Nikon D200) que 4 Go (environ 200), l’erreur étant humaine et les cartes mémoire pas infaillibles. A vous d’estimer le seuil des risques que vous voulez prendre.
- Compact Flash : si, comme moi, vous devez utiliser des Compact Flash (CF) dans votre boîtier, vous pourriez être tenté d’utiliser un convertisseur de carte CF vers SDHC, permettant d’utiliser des cartes SDHC dans votre boîtier. Cela peut être intéressant à différents rapports (prix des cartes, lecteurs intégrés dans les ordinateurs, plusieurs boîtier mais cartes différentes etc.) mais au niveau des performances ça ne vaut peut-être pas trop le coup (et le coût aussi) : par exemple, le Nikon D300 peut utiliser le UDMA, chose que l’on perd avec les adaptateurs. Le débat peut-être long (allez jeter un œil par ici si ça vous intéresse) mais mon point de vue est le suivant : je préfère utiliser des Compact Flash (plus chère certes), on perd un peu en facilité d’utilisation (difficile par exemple de trouver un ordinateur avec un lecteur intégré de nos jours) et en fiabilité (on est pas à l’abri de plier un pin du connecteur de la carte) mais on est à l’abri de tout soucis de compatibilité. De plus la différence de prix entre une carte CF 4 Go de bonne qualité et un adaptateur CF/SDHC + une carte SDHC 4 Go donne l’avantage à la CF.
Voilà, je vous laisse en espérant que vous ayez trouvé un quelconque intérêt à cet article
.
A bientôt,
Pierre.